Individus ou entreprises, une fausse opposition et une vraie chance d’empowerment

2,8 tonnes : c’est le poids de CO2 qu’un Français peut espérer économiser dans son année s’il devient un Ninja de l’écologie, selon Alternatives Economiques. Pour y arriver, notre Ninja devra « passer à un régime végétarien, remplacer la voiture par le vélo pour les trajets courts, avoir un taux d’occupation de 2,2 personnes dans les véhicules, ne plus prendre l’avion, manger local, acheter trois fois moins de vêtements neufs, baisser la température de son logement, acheter les équipements électroménagers et high-tech d’occasion, équiper son habitation d’ampoules LED et passer au zéro déchet« .

Je vous laisse évaluer où vous en êtes sur ce chemin, et combien de personnes autour de vous respectent cette feuille de route. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que l’ensemble de ces actions font passer la facture carbone individuelle de 10.8 tonnes à 8 tonnes par an. Alors que l’objectif de l’accord de Paris est à 2 tonnes. En résumé, même en devenant un Ninja du carbone au comportement « héroïque« , vous en produirez encore quatre fois trop.

Voici la conclusion, à mon avis erronée, de l’article : « Le reste, c’est-à-dire les trois quarts de l’effort, revient aux actions collectives et donc à la puissance publique et aux entreprises« . C’est la même logique qui conduit à dire que la France nucléaire est un bon élève carbonique et qu’elle ne peut pas faire grand chose question climat, puisque la pollution majeure est en Chine. Il faut arrêter de dire aux citoyens que l’action collective, c’est forcément la puissance publique et les entreprises. Acheter un ordinateur ou une machine à laver 100% fabriqués en France est probablement difficile individuellement, j’avoue ne pas avoir essayé. Mais chercher collectivement, à l’échelle d’un éco-hameau, et mutualiser autant que possible les utilisations est à la portée de tout collectif. Pourquoi s’en priver ? Le pouvoir est à l’individu, s’il s’organise collectivement : il faut le dire et le répéter haut et fort.

PS : à propos de mise en commun, je vois régulièrement maintenant une accusation de « communisme rampant » au sujet des écologistes. C’est-à-dire une glissade mutualisation=communisme=goulag. Nous sommes pourtant, il parait, dans la fameuse économie du partage, souvent mise en avant quand on parle de sociétés numériques privés engrangeant des milliards. Deux poids, deux mesures, ou bien ?

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