Les vacances écologiques en voiture, ça n’existe pas

Calculer son impact CO2 au retour de vacances remet les idées en place…

En vacances, depuis un certain nombre d’années, ma curiosité va aux lieux d’expérimentation écologiques. Cet été, j’ai choisi les Rencontres des Ami-e-s de la revue Silence, un camp pour adultes engagés dans la transition. Pas de commerce, pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de viande, pas de produits venant de pays exotiques, etc. J’ai ensuite été au festival Terres de Convergence : conférences sur le climat, méditation, éco-villages, bals folks, free hugs et soirées guitare. J’ai fini en beauté avec l’éco-festival engagé Cabaret Vert, où je n’ai bu que de la bière locale en dansant sur un Greenfloor aux kilowatts purement renouvelables.

Hélas ! À mon retour à la maison, j’ai eu l’idée saugrenue de calculer mon empreinte carbone. Partant de Bretagne, pour aller dans les Cévennes puis dans les Ardennes, j’ai parcouru 2740 kilomètres avec un C3 Picasso tirant une petite remorque et consommant grosso modo du 7 litres de gazole au 100. Rien que du très banal à l’échelle d’un aoûtien français, a priori. Soit, selon le site co2.myclimate.org, 756 kilos de CO2 rejetés. Malheureusement, il faut compter avec le coût initial de production du véhicule, qui est au bas mot d’une dizaine de tonnes de CO2 ; soit une facture d’une tonne par an pour un véhicule ayant dix ans comme le mien.

J’arrive donc à un total de 1756 kg de CO2 dégagé pour 2019 avec ce seul déplacement sur des événements écolo. Or, si l’on fait confiance au GIEC, et c’est mon cas, voici la quantité annuelle maximale moyenne de CO2 qu’une personne devrait respecter pour espérer enrayer le changement climatique : 1700 kilos, toutes consommations confondues. J’ai bouffé mon forfait annuel en quelques jours et avec ma seule et unique voiture. Et je pense être assez représentatif du client moyen de ce genre d’événements, qui sont pourtant à la pointe du militantisme écologique dans notre société. C’est dire si la situation est absurde.

Le pire, c’est que je suis un petit rouleur : je travaille à domicile, mes enfants vont à l’école à vélo, je fais toutes mes courses dans un rayon de 3 kilomètres, et je ne pars plus à l’étranger. Force est de constater que c’est loin, très loin, d’être suffisant. J’ai étudié la possibilité de remplacer ma voiture par un modèle électrique : c’est se faire plaisir et continuer à se donner bonne conscience. Le vacancier électrique donne des leçons au vacancier thermique, qui lui-même donne des leçons au vacancier volant : ça fait toujours du bien de trouver moins écolo que soi, mais ce ne sont là que des questions d’égo : aucune de ces pratiques n’est viable si l’on souhaite respecter les objectifs du GIEC.

Il n’y a que deux solutions viables, a priori : prendre des vacances sans se déplacer, ou en se déplaçant très peu ; ou prendre des vacances à pied, à vélo, voire à la rigueur en train. C’est un challenge amusant, pour ce qui est des vacances. Il est autrement plus ambitieux de réfléchir à ses déplacements hors vacances, lesquels représentent beaucoup plus de kilomètres : les Français parcourent en voiture, en moyenne, 30 km par jour, ce qui est juste démentiel d’un point de vue CO2, quel que soit le véhicule. On en vient rapidement à la conclusion que c’est toute une vie qui doit être réorganisée.

J’y pense et puis j’oublie ? Personnellement, j’en ai marre de l’eau tiède : je compte étudier sur ce blog les implications d’une totale réorganisation de mes déplacements en mode CO2-free. Bienvenue à bord…

PS : Si vous souhaitez participer à ce blog, bienvenue ! Contactez-moi.

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