Transition : sortir de l’expérimentation

Illustration 69438562 © Weedezign | Dreamstime.com

Pendant des années, j’ai participé à des rencontres où l’objectif  était de mettre en application un certain nombre de principes de transition écologique. Nous expérimentions, par exemple, le végétarisme, la non-violence ou la prise de décision au consensus. Ces années ont été riches et nécessaires à mes propres prises de conscience. Néanmoins, comme de nombreux habitués de ces rencontres, j’ai fini par rester sur ma faim : l’expérimentation ne peut se suffire à elle-même lorsque l’on parle de transition. Préalable à l’action, la prise de conscience ne saurait se suffire à elle-même.

Aujourd’hui je travaille concrètement sur un projet de transition, où il s’agit d’installer des agriculteurs en agroécologie et en circuits courts. Ce que je constate, à travers les appels à projets ou le mécénat, est que l’expérimentation, l’exploration et la sensibilisation tiennent le haut du pavé transition dans les esprits. Comme si nous n’avions pas assez de données sur le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité et la pollution généralisée : il faudrait quantifier, encore et toujours, le phénomène anthropocène.

Il y a là une sorte de fascination morbide face à un effondrement qui prend dangereusement de la consistance. Comme l’homme qui, pris de vertige, est hypnotisé par le gouffre, nous revérifions, recalculons jusqu’à la nausée ce que nous savons déjà : le climat déconne. Quant à la sensibilisation, elle va rarement jusqu’à préciser qu’en prenant 2 degrés dans les gencives, nous avons un ticket pour du sang et des larmes. Fascination et paralysie vont de pair. Répéter 1000 fois l’observation, la raffiner toujours plus ne changeront pas fondamentalement un principe de base, qui est que le débat doit, à un moment, laisser entièrement la place à l’action.

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