Le point névralgique, un habitat léger

Maison : c’est le point névralgique, d’abord parce qu’il s’agit de créer de l’habitat, pour un groupe, avec des conséquences financières et juridiques. Imaginez-vous bien que la création d’un hameau écolo ex-nihilo n’est pas spécialement envisagée par les autorités, malgré tout le tintouin qu’on fait sur le (pseudo) développement durable. Mais il y a des trous dans la loi Allur.

D’un point de vue urbanistique, l’actuel engouement pour les tiny houses tire sa raison du fait que les « habitats légers constituant la demeure principale de leur occupant » et mobiles bénéficient d’une petite faveur juridique. Il est en effet possible et relativement facile de les installer sur des « terrains familiaux locatifs », qui peuvent être privés ou publics, mais qui n’ont pas besoin d’être constructibles.

La tiny est relativement facile à produire en série avec des ressources locales, et pour un coût relativement faible (12-20 000 € selon le niveau de récup’ possible). Elle est sur remorque, donc déplaçable : à la belle saison, en haut de la colline au soleil ; par vents froids d’hiver, derrière la haie ! Elle n’a pourtant pas que des avantages : la gestion de l’humidité dans une tiny est, notamment, compliquée. D’autre part, si elle convient bien à une personne seule ou à un couple (qui s’entend bien :-)), elle ne convient pas à une famille, qui pourra néanmoins se tourner vers deux ou trois tiny. C’est une autre vision de la vie familiale, qui ne conviendra pas à tout le monde.

Mais surtout, le point essentiel est le suivant : la mobilité donne une grande souplesse pour la gouvernance du groupe. La vie d’un collectif est toujours, de ce que tous ceux qui en ont fait l’expérience observent, faite de hauts et de bas : il est crucial que chaque membre du groupe puisse partir facilement avec sa maison. L’appartenance doit rester fluide : c’est ce qui va faire la robustesse du groupe et du projet. Envisager un hameau mobile, c’est amoindrir l’enjeu patrimonial, cette espèce d’épée de Damoclès qui surplombe un certain nombre de collectifs. S’il y a de la friture entre membres du groupe, alors chacun peut éloigner sa maison un peu plus loin dans la forêt. Si au contraire, on a besoin du contact du groupe, alors on rapproche les habitations. S’il y a désaccord avéré entre membres du groupe, alors la personne part avec sa maison, comme un escargot, et peut soit retourner sur un terrain privé, soit changer de collectif. S’il y a un désaccord avec le propriétaire du terrain ou la commune, alors c’est tout le groupe qui déménage.


Le terrain doit dans l’idéal posséder une partie constructible, l’espace commun étant le lieu de toutes les interactions sociales. C’est au groupe de décider ce qu’il doit être : cuisine, atelier, salle des fêtes, théâtre, ressourcerie, tout à la fois. 

Ce village mobile peut se construire petit à petit. Une, puis deux, puis dix habitations ; c’est scalable et peut évoluer en fonction des finances. Mais il faut avoir précisé le cadre juridique et le projet associatif dès début.

Conclusion provisoire
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